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3ème volet du projet “Arborescence” sur le devenir de l’homme et de la planète mené par le paléoanthropologue Pascal Picq et le chorégraphe Michel Hallet Eghayan.
Création prévue en 2012
Distribution en cours
“Quid ?” tente de révéler les mécanismes de l’évolution biologique et physiologique, les mécanismes de l’évolution artistique et culturelle qui valorisent certaines données, en en éliminant d’autres pour rendre possible la vie de Sapiens, l’homme qui sait. Ces mécanismes s’accélèrent dès lors que Sapiens interfère avec eux. Sapiens Sapiens, l’homme qui sait qu’il sait, est-il capable d’autoriser la vie à laquelle il aspire ou de détruire la vie qu’il tente de contrôler et qui lui échappe? Telle est la question aujourd’hui posée à l’Humanité. Ne pas l’aborder, ne pas y répondre, c’est nous entraîner vers la chute.
La foule des propositions artistiques et scientifiques se nourrit, se heurte ou s’élimine, c’est-à-dire évolue dans le chaos de l’histoire où Sapiens n’a peut-être pas de place. Danseurs, artistes, scientifiques, portés par le rythme biologique instinctif imposé, sélectionnent leurs propositions qui toujours font corps, toujours font danse au coeur des révolutions de nos planètes intimes et du pré-carré de nos choix.
Michel Hallet Eghayan
“Quid ?” interroge l’avenir de l’homme. Homo Sapiens étend ses branches sur toute la Terre, étouffant les branches encore méconnues de la biodiversité. Il en va de même de certaines branches de l’humanité, chassées de leurs terres, anéanties dans leurs différences. Quelle arborescence pour une humanité entassée dans des mégalopoles, monstres urbanisés dépourvus d’arbres? Hors des villes, les forêts sont méthodiquement détruites; quand les
citadins se retrouvent seuls dans une forêt, ils ont peur.
Les utopies de la Renaissance donnaient l’image de cités hors de la nature, parfaites; point d’arbre, point d’animal dans leur représentations. Quant aux hommes, ce sont des agents avec des fonctions, les corps uniformisés dans leurs costumes comme dans leurs attitudes; clones post-humains annoncés. Sociétés de fourmis agissant en réponse aux stimuli de la consommation. Le panopticon de Bentham s’est mondialisé grâce à Big Sister, la fée cathodique qui unit les hommes dans le non sens.
Quelles danses dans le futur immédiat de l’Homme? Les corps vieillissent sur la pyramide des âges; ceux des jeunes, de moins en moins nombreux, s’alourdissent de l’obésité. Fin de l’”Arborescence”? Les hommes doivent retrouver les folies arboricoles des singes; tant qu’il y aura des arbres, des singes et la liberté de jouir de nos corps, “Arborescence” sera à
nouveaux possibles; un nouvel humanisme à construire.