



"Très épurée, cette danse est l'occasion de porter de nouveaux regards sur l'architecte et la Création tout en abordant de façon nouvelle la question de l'architecture l'urbanisme, de l'habitat.
S'il est un homme dont on a tant et tant brocardé l'œuvre jusqu'à l'accuser de tous les maux du modernisme, c'est bien Le Corbusier. Alors qu'il n'est responsable que de son œuvre, son oeuvre faite du souci constant de mettre l'homme au centre de la maison, de l'architecture, de la ville. Il fait ça grâce à des modes de calcul toujours pondérés par la mesure humaine, le Modulor, par rapport auquel il calculait et projetait tout.
Mais en fait, le Modulor, c'est quoi exactement ? Le Modulor c'est un mode de calcul qui fait d'un homme de 1m83 le bras levé, soit 2m26, une mesure pour assurer la viabilité, et l'humanité de toutes choses : un meuble, un appartement, un immeuble, une ville. Le Modulor c'est aussi partir des éléments de base d'une construction : l'espace, la lumière, le calme, le confort, pour faire des lieux de vie à chacun de nous … comme des danses de base, par exemple quatre solos que l'on compose avec méthode pour dans un deuxième temps en faire des chorégraphies plus complexes. Quatre danses, quatre solos qui se rencontrent et se mélangent de multiples façons pour faire des espaces de vie pour les danseurs.
Le Modulor c'est aussi partir de l'élément fondamental, le carré, pour en faire des espaces à l'infini, des lieux de vie pour les gens, comme on fait des danses des variations à l'infini pour les danseurs.
En fait s'il est un homme dont on a beaucoup parlé de la vie pour lui prêter des traits de caractère excessifs ou déplaisants, c'est bien Le Corbusier. Alors que, s'il est vrai qu'il a eu plusieurs vies, il a cependant accompagné jusqu'à la fin sa femme Yvonne malade qui perdait son corps : ses pieds d'abord, ses jambes ensuite, son torse, ses bras, ses mains. Il la portait inlassablement jusqu'à la mer qu'ils aimaient tant jusqu'à son dernier souffle.